Teri Weigel naît le 24 février 1962 à Fort Lauderdale, en Floride, mais c’est en Californie qu’elle forge son destin. Adolescente, elle se distingue par son physique athlétique et son aisance devant l’objectif. Après avoir remporté un concours local de mannequinat, elle signe avec l’agence Elite Model Management à Los Angeles. Ses premiers contrats la voient poser pour des catalogues de maillots de bain et des magazines comme Glamour et Vogue. Mais très vite, elle réalise que le circuit traditionnel du mannequinat ne lui offre ni la liberté créative ni les revenus qu’elle espère. En 1984, elle fait un pari audacieux : tenter sa chance dans le cinéma pour adultes, un univers alors en pleine expansion et moins soumis aux tabous qu’aujourd’hui.
En 1985, Teri Weigel tourne sa première scène sous le pseudonyme qu’elle conservera toute sa carrière. Elle travaille avec les plus grands studios de l’époque – VCA Pictures, Evil Angel – et devient rapidement l’une des actrices les plus demandées. Sa filmographie compte plus d’une centaine de titres, dont des classiques comme The Devil in Miss Jones 3 et Between the Sheets. Ce qui la distingue, c’est sa capacité à incarner des personnages variés : tantôt la girl-next-door, tantôt la dominatrice, toujours avec un naturel qui séduit aussi bien le public que les réalisateurs. En 1987, elle reçoit le XRCO Award de la meilleure actrice dans un second rôle, une reconnaissance rare pour une interprète alors en pleine ascension. Pourtant, malgré le succès financier et la notoriété, elle confie plus tard avoir ressenti une pression constante pour « se réinventer » dans un milieu où la concurrence était féroce.
Au début des années 1990, Teri Weigel cherche à diversifier sa carrière. Elle profite de son passage sur le tournage du film culte Boogie Nights (1997), où elle campe un petit rôle de danseuse. Même si sa participation reste mineure, cette expérience lui ouvre les portes d’Hollywood. Elle enchaîne les apparitions dans des séries télévisées : on l’aperçoit dans Married… with Children, Baywatch et The X-Files. Cependant, le stigmate lié à son passé dans l’industrie pour adultes freine ses ambitions. Les castings se font rares, et les rôles proposés se limitent souvent à des archétypes de « femme fatale ». Elle accepte néanmoins ces opportunités, consciente que chaque minute d’écran mainstream l’aide à construire une nouvelle identité professionnelle. En parallèle, elle anime des émissions de téléachat et participe à des conventions de fans, où elle rencontre un public fidèle.
Après un passage à vide dans les années 2000, Teri Weigel revient ponctuellement dans l’industrie pour adultes pour des projets spécifiques, souvent sous la direction de réalisateurs avec qui elle avait déjà collaboré. Elle explique ce choix par la nécessité de rembourser des dettes médicales et par l’attachement à une communauté qui l’avait toujours soutenue. En 2005, elle lance son propre site internet, où elle partage des contenus exclusifs et interagit directement avec ses abonnés. Cette initiative lui permet de reprendre le contrôle de son image et de ses revenus. Elle y raconte ses souvenirs de tournage, ses rencontres avec des stars comme Traci Lords ou Ginger Lynn, et donne des conseils aux jeunes actrices qui envisagent d’entrer dans le métier. Cette plateforme devient rapidement une référence pour les amateurs de l’âge d’or du X américain.
Mariée puis divorcée à deux reprises, Teri Weigel élève seule sa fille née en 1993. Elle a toujours veillé à préserver l’anonymat de son enfant, refusant de l’exposer aux projecteurs. Aujourd’hui retraitée de l’écran, elle vit dans une petite ville de l’Arizona, où elle se consacre à la peinture et à l’écriture de ses mémoires. Dans les interviews qu’elle accorde encore, elle revient sur les ambiguïtés de son parcours : la liberté que lui a offerte le X, mais aussi les sacrifices, notamment sociaux. Elle milite régulièrement pour la dépénalisation du travail du sexe et pour une meilleure protection des acteurs face aux plateformes de streaming. Son nom reste associé à une époque où le porno artisanal laissait place à une industrie plus médiatisée, et où des actrices comme elle ouvraient la voie à une reconnaissance artistique (relative) du genre.